Farder (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

I.
XII e siècle. Probablement issu du francique *farwidon, « teindre, colorer ».
1. Mettre du fard sur un visage ou sur une partie du visage. Farder ses joues, ses yeux, ses lèvres. Avoir les pommettes fardées de rouge. Pron. Se les paupières. Cette jeune fille se farde trop. Les acteurs se fardent avant d'entrer en scène.
2. Spécialt. Farder une marchandise, la présenter malhonnêtement, en cachant ce qui est de moindre qualité derrière ce qui est de qualité supérieure.
3. Fig. et litt. Modifier par un artifice la véritable nature de quelque chose ; déguiser et embellir. Farder la vérité. Farder sa pensée. Farder son style.


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Enduire de fard. "Se le visage." Absolument, "Se . Une femme qui se farde."
Prov., "Temps pommelé et femme fardée ne sont pas de longue durée."
Il signifie, au figuré, Parer une chose d'un faux lustre. "Farder sa marchandise."
Il signifie également Déguiser par un artifice de paroles ce qui peut déplaire à celui à qui l'on parle, le choquer, ou nuire à celui qui parle. "Farder la vérité. Farder le vice pour le rendre moins odieux."
Il signifie aussi, en parlant des Ouvrages de l'esprit, Parer d'ornements faux ou affectés. "Farder son langage. Farder un discours. Farder une pensée."



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Peser de tout son poids. "Une charge qui farde."
En termes de Marine, "Prenez garde que votre bateau ne farde sur un autre," Qu'il ne s'en approche trop. "Une voile qui farde," Qui prend sous le vent une forme arrondie et régulière.
Par extension, en termes de Maçonnerie, "Ce mur farde, commence à ," Il s'affaisse sous son propre poids.



1ère définition d'Emile Littré

Verbe 



 1   Mettre du fard. On lui a fardé le visage.
    Se , à soi. Se le visage.

 2   Donner à une chose du lustre, une apparence qui en cache les défauts. Farder une étoffe. Farder sa marchandise.
CORN.: « Et moi, sans compliment qui vous farde mon coeur, Je vous offre et demande une amitié de soeur »
FÉN.: « À la gymnastique on a fait succéder l'art de les corps et de leur donner une beauté factice »
ROLLIN: « Les couleurs les plus vives pour des vices et des crimes [chez les dieux du paganisme], qui seraient tombés dans le décri sans la parure qu'ils [les poëtes] leur prêtaient pour en couvrir la difformité, l'absurdité et l'infamie »
A. CHÉN.: « Non, de tous les amants les regards, les soupirs Ne sont point des piéges perfides...., Toujours la feinte mensongère Ne farde point de pleurs, vains enfants des désirs, Une insidieuse prière »
    Fig. Farder sa marchandise, tromper, faire illusion.
VOLT.: « Vous ne fardez point votre marchandise, vous êtes honnête homme »

 3   Déguiser ce qui peut déplaire et choquer.
CORN.: « Je vous estime trop pour vouloir rien »
RAC.: « Je répondrai, madame, avec la liberté D'un soldat qui sait mal la vérité »

 4   En termes de littérature, parer d'ornements de mauvais goût. Farder un discours. Farder son langage.
    Il s'est dit aussi en parlant de la peinture.
BÉRANG.: « [Amours] Vous avez fardé la peinture, Vous affadissez l'opéra »

 5   Il se dit quelquefois simplement pour déguiser, avec un nom de chose pour sujet.
CORN.: « Affreuse image du trépas, Qu'un triste honneur m'avait fardée, Surprenantes horreurs, épouvantable idée, Qui tantôt ne m'ébranliez pas »

 6   Se , v. réfl. S'enduire de fard. Cette femme se farde.
    Fig.
BOILEAU: « On a beau se aux yeux de l'univers »
    Être fardé.
BOURSAULT: « Tout se farde à la cour, jusqu'à la vérité »

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     la Rose, 9064: Toutes font à Venus hommage, Sans regarder preu ne dommage, Et se cointoient [se parent] et se fardent Pour ceus bouler [tromper] qui les regardent
    XIVème siècle
     Ménagier, I, 3: Dire ses pechiés sans rien polir ne
    XVème siècle
CH. D'ORL.: « En regardant ces belles fleurs Que le temps nouveau d'amours prie, Chascune d'elles s'ajolie Et farde de plaisans couleurs »
    XVIème siècle
AMYOT: « Eloquent à inventer des raisons fardées de paroles honestes »
AMYOT: « C'estoient belles paroles et bien fardées pour couvrir la mauvaise intention qu'il avoit en son cueur »
LEROUX DE LINCY: « D'ami fardé, flatteur et papelart, Nous garde Dieu.... »
MONT.: « La sagesse humaine.... faict favorablement et industrieusement d'employer ses artifices à nous peigner et les maulx, et en alleger le sentiment »
MONT.: « Vostre extreme volupté a quelque air de gemissement et de plaincte.... voire quand nous en forgeons l'image en son excellence, nous la fardons d'epithetes et qualitez maladifves et douloureuses, langueur, mollesse, foiblesse, defaillance »

ÉTYMOLOGIE
    Fard. On trouve, au XIIe siècle, un dérivé, fardoillié, barbouiller : Fardoillié furent d'alun et d'arrement [encre], la Prise d'Orenge, v. 450.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. FARDER. Ajoutez : - REM.
     Journ. offic. 20 sept. 1873, p. 5976, 1re col.: Se a été dit des chats qui, à l'approche du mauvais temps, se passent les pattes sur les oreilles. à l'approche de la pluie, les hirondelles se tiennent près des habitations et rasent la terre dans leur vol, les lézards se cachent, les chats se fardent, les oiseaux lustrent leurs plumes


2ème définition d'Emile Littré

Verbe 


S'affaisser sous son propre poids en parlant de murs et de constructions. Ce mur farde.
    Terme de marine. Se dit d'une voile qui prend sous le vent une forme arrondie et régulière. Cette voile farde bien.
    Terme de navigation fluviale. On dit qu'un bateau farde sur un autre, quand il le serre de trop près.

HISTORIQUE
    XVème siècle
E. DESCHAMPS: « Prince qui veut vivre en temps et saison, Pour son hostel fasse sa garnison, De gens d'honneur et prodommes se farde [se charge] »

ÉTYMOLOGIE
    Même radical que dans fardeau. À Rouen, le peuple dit pour porter des fardeaux : Les déchargeurs des navires portent très lourd, parce qu'ils sont accoutumés à .


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Mettre du fard. "Se le visage." On l'emploie aussi avec le pronom personnel régime direct. "Une femme qui se farde."
Il signifie figurément, Donner à une chose un faux lustre qui en cache les défauts. "Farder un drap. Farder une étoffe. Farder sa marchandise."
Il se dit également, dans le sens qui précède, en parlant Du soin que l'on prend de déguiser ce qui peut déplaire, choquer. "Farder la vérité. Farder le vice pour le rendre moins odieux."
Il se dit aussi en parlant Du langage, des ouvrages d'esprit, et signifie, Parer d'ornements faux ou affectés. "Farder son langage. Farder un discours. Farder une pensée."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


S'affaisser, se détruire par son propre poids. "Ce mur farde, commence à ."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Mettre du fard. "Une femme qui se farde. Se le visage."
Il signifie aussi figurément, Donner à une chose un faux lustre qui en cache les défauts. "Farder un drap. Farder une étoffe. Farder sa marchandise."
On dit aussi figurément, "Farder son discours, son langage," pour dire, Remplir son discours, son langage de faux ornemens d'éloquence.
On dit de même, "Farder une pensée, la vérité."



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


S'abaisser, se détruire par son propre poids. "Ce mur farde," c'est-à-dire, Crève en différens endroits.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Mettre du fard. "Une femme qui se farde. Se le visage."
Il signifie aussi figurément, Donner à une chose un faux lustre qui en cache les défauts. "Farder un drap. Farder une étoffe. Farder sa marchandise."
On dit aussi figurément, "Farder son discours, son langage," pour dire, Remplir son discours, son langage de faux ornemens d'éloquence.
On dit de même, "Farder une pensée."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Mettre du fard. "Une femme qui se farde. se le visage".
Il signifie fig. Donner à une chose un faux lustre qui en cache les defauts. "Farder un drap. une estoffe. sa marchandise". On dit aussi fig. "Farder son discours. son langage," pour dire, Remplir son discours, son langage de faux ornements d'eloquence.




Emplacement dans le dictionnaire :

farceur
farcin
farcineux
farcir
fard
farde
fardé
farde ou fargue
fardeau

fardier
farfadet
farfouiller
farfouilleur
faribole
farinacé
farine
fariné
fariner
farineux
farinier




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Edgar QUINET (Napoléon)

...jamais, comme un essaim d'abeilles, que gronder en ta ruche ? Et composer ton miel de paroles sans suc, de mensonge et de fiel ? Ne sauras-tu jamais, courtisane, à ton âge que diviser ton coeur et farder ton visage ? Te verra-t-on toujours, en ton chemin banal, caresser, sans amour, et le bien et le mal, et le pour et le contre, et le rien pour tout dire ? Toujours tuer tes fils ! ériger pour...


Citation n°2 de Edgar QUINET (Ahasvérus)

...libre. Darder, en plein soleil, des paroles huppées ; habiller de phrases une ombre, un squelette, moins que cela, un rien ; le coiffer de rimes, le chausser d'adverbes, le panacher d'adjectifs, le farder de virgules ; quelle faculté dans l'homme, monsieur ! Et songer que tout lui obéit, premièrement, ce qui n'est pas ! Se plonger dans l'océan transparent des choses pour y pêcher le ciel, et...


Citation n°3 de Théophile GAUTIER (La Comédie de la mort)

...que sous l'arceau gothique une lueur effraie, l'étrange vision ! LA MORT DANS LA VIE Iv la mort est multiforme, elle change de masque et d'habit plus souvent qu'une actrice fantasque ; elle sait se farder, et ce n'est pas toujours cette maigre carcasse, qui vous montre les dents et vous fait la grimace horrible à regarder. Ses sujets ne sont pas tous dans le cimetière, ils ne dorment pas tous sur des...


Citation n°4 de Joseph JOUBERT (Pensées, essais, maximes et correspondance)

...est fait pour lui. Il a le coeur et l'âme eunuques. Son impuissance sans doute a quelque grâce ; mais il ne se montre insinuant que parce qu'il est énervé. La sophistique littéraire est l'art de farder les pensées par des mots. Les mots fardent les pensées, quand ils leur donnent de l'éclat, sans y ajouter de la beauté. Il y a un lustre nécessaire à un bon style, qui n'est pas précisément du fard...


Citation n°5 de Jacques DELILLE (Les Jardins ou l'Art d'embellir les paysages)

...aux arbres des loix, aux ondes des entraves, et, despote orgueilleux, brille entouré d'esclaves. Son air est moins riant et plus majestueux. L'autre, de la nature amant respectueux, l'orne, sans la farder, traite avec indulgence ses caprices charmans, sa noble négligence, sa marche irrégulière, et fait naître avec art les beautés, du désordre, et même du hasard. Chacun d'eux a ses droits ; n'excluons...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...